{"id":147,"date":"2017-10-24T18:40:12","date_gmt":"2017-10-24T16:40:12","guid":{"rendered":"http:\/\/osera.fr\/?p=147"},"modified":"2017-10-24T18:46:12","modified_gmt":"2017-10-24T16:46:12","slug":"hommage-a-notre-camarade-louis-viannet","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.osera.fr\/index.php\/2017\/10\/24\/hommage-a-notre-camarade-louis-viannet\/","title":{"rendered":"Hommage \u00e0 notre camarade Louis Viannet"},"content":{"rendered":"<div>Passionn\u00e9ment attach\u00e9 \u00e0 son syndicat, \u00ab Loulou \u00bb, comme on l\u2019appelait famili\u00e8rement, l\u2019homme qui a amorc\u00e9 la mutation de la CGT, est rest\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie une autorit\u00e9 morale dont la parole \u00e9tait encore tr\u00e8s \u00e9cout\u00e9e.<\/div>\n<div>Depuis sa maison ard\u00e8choise o\u00f9 il passait sa retraite, il n&#8217;avait pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 sortir de sa r\u00e9serve pour deamnder, en 2015, \u00e0 Thierry Lepaon, mis en cause dans des affaires relatives \u00e0 son train de vie, de d\u00e9missionner de ses fonctions de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la CGT, ce qu\u2019il fit deux jours plus tard.<\/div>\n<div>N\u00e9 le 14 mars 1933 \u00e0 Vienne (Is\u00e8re), Louis Viannet passe son enfance dans le village de Chavanay. Son p\u00e8re est ouvrier \u00e0 Rh\u00f4ne-Poulenc, syndiqu\u00e9 \u00e0 la CGT, et la famille ne roule pas sur l&#8217;or \u2212 \u00ab pas de fric, pas de bouquins pour \u00eatre au niveau des autres, racontera-t-il. Parfois m\u00eame, j\u2019\u00e9tais oblig\u00e9 d\u2019emprunter le pantalon d\u2019un autre pour sortir \u00bb \u2212 mais il assure avoir \u00e9t\u00e9 \u00ab heureux comme un poisson dans l\u2019eau \u00bb.<\/div>\n<div>A 11 ans, boursier, il poursuit ses \u00e9tudes dans un internat de Saint-Etiennejusqu&#8217;\u00e0 la fin du secondaire. Il monte \u00e0 Paris le bac en poche. Il tente le concours des imp\u00f4ts qu\u2019il rate puis celui des PTT qu\u2019il r\u00e9ussit. Entr\u00e9 \u00e0 La Poste en 1953, \u00ab encore vierge de toute affinit\u00e9 id\u00e9ologique \u00bb, il suivait un cours de formation professionnelle \u00e0 Paris, quand des gr\u00e8ves ont secou\u00e9 l&#8217;ensemble des services publics fran\u00e7ais. C&#8217;\u00e9tait au cours de ces \u00e9v\u00e9nements qu&#8217;il adh\u00e9re \u00e0 la CGT, et il participe activement \u00e0 ce mouvement social in\u00e9dit, partit d&#8217;une gr\u00e8ve locale aux PTT, qui s&#8217;est \u00e9tendu \u00e0 la plupart des services et des entreprises publics.\u00a0<strong>Sorti des gr\u00e8ves de 1953 \u00ab en ayant la conviction que sa vie serait consacr\u00e9e au militantisme \u00bb, Louis Viannet occupe progressivement des postes de responsable syndical plus \u00e9lev\u00e9s.<\/strong><\/div>\n<div>\n<div>En 1956, \u00e0 la suite de son service militaire, il r\u00e9int\u00e8gre les PTT et est affect\u00e9 au bureau de Lyon-Ch\u00e8ques.<\/div>\n<div>En juin1982,\u00a0Louis Viannet, membre de la Commission ex\u00e9cutive de la CGT depuis 1972 est \u00e9lu au Bureau conf\u00e9d\u00e9ral de la CGT lors du 41e Congr\u00e8s. Il quitte la direction de la F\u00e9d\u00e9ration des PTT \u00e0 la fin de cette ann\u00e9e 1982.<\/div>\n<div>Au Bureau conf\u00e9d\u00e9ral une t\u00e2che de premier ordre lui \u00e9tait d\u00e9volue : il succ\u00e9dait \u00e0 Henri Krasucki, promu secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Centrale syndicale, au poste de directeur de l&#8217;hebdomadaire de la CGT, la Vie ouvri\u00e8re. Durant dix ann\u00e9es, Louis Viannet faisait figure d&#8217;orthodoxe, face \u00e0 Henri Krasucki, dont l&#8217;image de r\u00e9formateur s&#8217;imposait progressivement. C&#8217;est avec cette \u00e9tiquette attribu\u00e9e par la presse, qu&#8217;il lui succ\u00e9dait en f\u00e9vrier 1992 en \u00e9tant \u00e9lu secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la CGT, lors du XLIVe congr\u00e8s conf\u00e9d\u00e9ral de celle-ci. \u00ab En portant Louis Viannet au poste de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, la CGT n&#8217;a pas choisi un homme neuf pour mettre en \u0153uvre sa volont\u00e9 de changement et d&#8217;ind\u00e9pendance \u00bb, lisait-on dans la presse.<\/div>\n<div>\u00ab J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lu avec l&#8217;\u00e9tiquette du stalinien de service qui allait mettre de l&#8217;ordre dans la maison&#8221;, confiait-il au moment de son d\u00e9part \u00bb. Le contexte de son \u00e9lection \u00e0 la direction de la Conf\u00e9d\u00e9ration pouvait donner \u00e0 croire en un d\u00e9clin d&#8217;une CGT incapable de renouveler son discours et sa pratique. Or les six ann\u00e9es du mandat de Louis Viannet se soldaient, lorsqu&#8217;il quittai son poste, en f\u00e9vrier 1999, par un bilan tout autre.<\/div>\n<div>Il a \u00e9t\u00e9 l&#8217;un des principaux acteurs des gr\u00e8ves de 1995 contre le &#8220;plan Jupp\u00e9&#8221;, un plan pr\u00e9sent\u00e9 en novembre 1995. Il pr\u00e9voyait notamment le transfert du financement et de la gestion de la S\u00e9curit\u00e9 sociale des organismes paritaires \u00e0 l\u2019\u00c9tat, et la suppression de l\u2019abattement de 20 % sur le revenu imposable de tous les salari\u00e9s.<\/div>\n<div>Devant la mobilisation des salari\u00e9s du secteur public, le Premier ministre avait fini par jeter l&#8217;\u00e9ponge. &#8220;Le probl\u00e8me, n&#8217;est pas qu&#8217;Alain Jupp\u00e9 soit Premier ministre&#8221; avait d\u00e9clar\u00e9 Louis Viannet, le 13 d\u00e9cembre 1995 sur France Inter. &#8220;<em>Le vrai probl\u00e8me r\u00e9side dans la politique qu&#8217;il m\u00e8ne&#8230; Ce mouvement est le contraire d&#8217;un mouvement politique. Il exprime, par contre, la crise de la politique dans ce pays, la faillite des \u00e9lites, de la pr\u00e9tendue pens\u00e9e unique selon laquelle n&#8217;existent pas d&#8217;autres solutions que celles \u00e9labor\u00e9es au sein de petits conclaves de machines \u00e0 calculer<\/em>.&#8221;<\/div>\n<div>Le mouvement social de l&#8217;hiver 1995 a permi \u00e0 la CGT de renouveler ses th\u00e8mes, de dynamiser son image et de renouveler ses militants.\u00a0C&#8217;est d&#8217;ailleurs une des figures embl\u00e9matiques du conflit social de l&#8217;hiver 1995, Bernard Thibault qui assurera la succession de Louis Viannet, lors du 46e Congr\u00e8s de la CGT en f\u00e9vrier 1999. Entre temps, les \u00e9lections prudhommales de d\u00e9cembre 1997 avaient t\u00e9moign\u00e9 de l&#8217;ancrage maintenu de la CGT \u00e0 la premi\u00e8re place des organisations syndicales fran\u00e7aises, recueillant les suffrages de plus de 33 % de votants, devant la CFDT, 25,3 %, et FO, 20,5 %. Quand il quitte ses fonction, Louis Viannet laissae derri\u00e8re lui l&#8217;image de cela, un pragmatique r\u00e9formateur, r\u00e9ussissant \u00e0 stopper le d\u00e9clin de la premi\u00e8re centrale syndicale de France.<\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><a href=\"https:\/\/www.humanite.fr\/disparition-de-louis-viannet-644161\">Lire l&#8217;article sur l&#8217;Humanit\u00e9<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Passionn\u00e9ment attach\u00e9 \u00e0 son syndicat, \u00ab Loulou \u00bb, comme on l\u2019appelait famili\u00e8rement, l\u2019homme qui a amorc\u00e9 la mutation de la<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":144,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_EventAllDay":false,"_EventTimezone":"","_EventStartDate":"","_EventEndDate":"","_EventStartDateUTC":"","_EventEndDateUTC":"","_EventShowMap":false,"_EventShowMapLink":false,"_EventURL":"","_EventCost":"","_EventCostDescription":"","_EventCurrencySymbol":"","_EventCurrencyCode":"","_EventCurrencyPosition":"","_EventDateTimeSeparator":"","_EventTimeRangeSeparator":"","_EventOrganizerID":[],"_EventVenueID":0,"_OrganizerEmail":"","_OrganizerPhone":"","_OrganizerWebsite":"","_VenueAddress":"","_VenueCity":"","_VenueCountry":"","_VenueProvince":"","_VenueZip":"","_VenuePhone":"","_VenueURL":"","_VenueStateProvince":"","_VenueLat":"","_VenueLng":"","footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-147","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-fregional"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.osera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.osera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.osera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.osera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.osera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=147"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/www.osera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":149,"href":"http:\/\/www.osera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147\/revisions\/149"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.osera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/144"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.osera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=147"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.osera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=147"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.osera.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=147"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}